Kampaï !

AVERTISSEMENT

Ce journal intime n’engage que moi, et aucunement mon conjoint Christophe. Légalement et pacifiquement, toute ressemblance, information, référence ou diffamation ne serait qu’une drôle et pure coïncidence. Je préfère m’en avertir moi-même.

Faque, maintenant que je suis libre de parole et protégé par vous…

Nous devons construire une terrasse qui délimitera clairement l’endroit où vous pourrez acheter vos légumes, une pointe de pizza à la main, sans que votre verre de vin vous entraîne, par inadvertance, au fond de nos 25 acres de terrain. Vous pourriez vous retrouver loin de votre profit, surpris en flagornerie d’adultère par une marmotte ou un raton laveur, tout en dérangeant le domaine public.

Mais revenons à la terrasse.

Comme l’a expliqué la madame responsable de notre dossier à la RACJ : si elle crie « GO », tout le monde doit pouvoir s’asseoir.

Je n’ai pas réagi. Mais un combat s’est engagé entre mon cerveau sans retenue, qui ordonnait à ma bouche de parler, et ma bouche un peu baveuse, qui suppliait mon cerveau de l’empêcher de le faire.

J’ai simplement répondu :

« Vous savez, madame, ici, aux Voisins, nous comprenons très bien le règlement de la chaise musicale. Alors, je saisis parfaitement le principe. »

Faque, un bon matin, une personne que je ne peux toujours pas nommer est descendue dans notre BMR personnel — le tas de matériaux accumulés sous la terrasse — afin d’en sortir tout le nécessaire à la légalisation de ladite terrasse musicale.

Jusqu’ici, tout est légal. Vous ne reconnaissez personne, la madame de la RACJ est une pure intervention… INVENTION ! Et le BMR, une simple figure de style.

Cent trente-sept planches de pin deux par quatre plus tard…

Je pouvais encore croire que la personne non identifiée dressait simplement l’inventaire de son BMR. Mais lorsque j’ai aperçu des plans dans le creux de sa main, à peine camouflés par un peu de terre, je me suis dit :

« Ostie qu’on est dans marde. »  C’est pas une terrasse qui s’apprête à faire, mais un radeau !

J’ai discrètement lancé une bouteille à la mer à des voisins dont je dois absolument protéger l’identité. Geneviève et Charles sont arrivés à notre secours à une vitesse hallucinante, visiblement très mal habillés, ce qui prouvait toute l’urgence — et tout l’amour — qu’ils nous portaient.

J’ai même suggéré à « Chose », que je ne peux toujours pas nommer, d’appeler un autre voisin que nous désignerons ici sous le pseudonyme parfaitement fictif de « Patrick Rivard ».

J’ai aussi laissé un message à Boivin Modus Moderna et aussi Voisin, les constructeurs de notre bâtiment des Voisins.

Pouvez-vous croire qu’ils prennent leurs vacances en même temps que les vacances de la construction ? Dans mon livre à moi, j’appelle ça des suiveux.

Pour faire une histoire courte : après les démarches entourant une première demande de permis d’alcool refusée — juste cette histoire mérite un chapitre entier du Journal intime des Ouésins —, nous avons déposé une deuxième demande et payé, rebelote, les frais qui venaient avec.

Cette deuxième demande a ensuite été mise en suspens parce qu’on considérait que Les Voisins n’étaient pas une ferme maraîchère, mais une épicerie. Nous nous sommes donc retrouvés en cour, devant la juge.

Oui, oui, madame la jugeuse !

Nous avons finalement obtenu notre permis. J’oublie évidemment les frais d’architecte pour les deux demandes, les dollars dépensés pour obtenir le permis et tous les coûts liés à la terrasse musicale…

Tout ça pour pouvoir vous offrir un verre de vin le vendredi pendant quinze vendredis.

Santé !

Et à la semaine prochaine pour la dégustation de vins italiens, Kampaï.

Je sais, c’est japonais.

Précédent
Précédent

2 AOÛT, UN ATELIER CULINAIRE QUI VOUS VEUT DU BIEN !

Suivant
Suivant

Mon histoire d’amour avec les tomates.